Forward Info Mars 2019

05/03/2019 - Kim Nguyen

Forward Info Mars 2019

Forwardinfo
#135   04/03/2019

Comme l’industrie du vêtement, la finance a ses modes. Quelles sont donc les tendances de ce début d’année sur les marchés alors que la « fashion week » parisienne ferme ses portes ?

Première tendance, le non coté qui reste au top. Depuis plusieurs mois maintenant nous sommes systématiquement interrogés sur les actifs non cotés au sens large, qui vont maintenant de la gestion du cash avec les actifs bilantiels jusqu’au « private equity » en passant par l’immobilier. Deux raisons sous-tendent selon nous ce mouvement. D’une part des raisons positives avec la recherche de rendement et la recherche de sens : les actifs non cotés sont dans une configuration idéale, offrant des rendements sensiblement supérieurs aux actifs côtés, et permettant aux investisseurs d’avoir une plus forte visibilité sur leurs investissements finaux. Les contraintes ESG et plus généralement l’ISR expliquent en grande partie cet engouement. D’autre part des raisons négatives, avec la volatilité persistante des marchés cotés (et une année 2018 perçue comme catastrophique pour les valeurs mobilières) et la déception de la gestion active à travers les mauvaises performances de certaines sociétés de gestion ou de gérants réputés.

De façon générale, les institutionnels doivent faire face à des volumes de cash extrêmement importants, et à des portefeuilles de plus en plus liquides alors que les dernières tranches de CAT/DAT collectées à des rendements exceptionnels lors des campagnes pré-Bâle III vont s’éteindre. Dans ce contexte, la prime d’illiquidité offerte par les actifs non cotés peut apparaître comme une alternative raisonnable en fonds de portefeuille.

Attention toutefois, comme nous l’avons souligné à maintes reprises ces derniers temps, le non coté n’est pas une fin en soi. Il nécessite un énorme travail de définition et de sélection. Comme dans la mode avec le sur-mesure, il s’agit d’un investissement sur le long terme, avec lequel on ne peut pas se tromper, mais qui, bien utilisé, peut répondre à nombre de problèmes.

Deuxième tendance, les fonds à échéance, une résurgence d’une mode post-2008, et qui semblent désormais s’ajouter à la gamme de tous les asset-managers. La mode revient certes, mais avec des nouveautés par rapport au modèle originel, notamment le passage en « high yield » sur les obligations détenues en « buy and hold ». Finalement ce principe de détention à l’échéance et le caractère « fermé » de ces fonds les rapprochent du non coté, et, si ces supports ne peuvent être systématiquement ignorés, il convient d’être extrêmement vigilant dans leur analyse, notamment celle de leurs équipes de gestion. Le discours est magnifique et facile à comprendre et ces supports peuvent sembler répondre aux demandes du moment de nombre d’investisseurs, mais les risques doivent être appréhendés dans un contexte de taux inédit ce qui rend l’exercice délicat. Enfin, la couleur du moment est le vert sur les marchés financiers en ce début d’année, après la mode du rouge qui a dominé tout le second semestre 2018. Attention toutefois, la mode par définition passe et, sur les marchés comme pour l’habillement, il faut bien distinguer l’essentiel de ce qui va être oublié très vite.

Kim Nguyen

Directeur Général


Actualité économique

Retrouvez tous les mois le rythme de l’actualité économique ainsi qu’un point sur les banques centrales et les marchés via notre Forward Focus ,disponible sur notre site internet dans la partie “actualités”.


Ouaïl Tabroura, est venu renforcer le Middle& Back office en qualité de stagiaire, aux côtés de Mathieu Randriamanalina et Paul Marie Kodja depuis Janvier 2019.

Actuellement en Master1 Finance à Toulouse Business School, Forward Finance constitue sa première partie de césure et sa première expérience en finance.


Lettre précédente : Comprendre, apprendre, reprendre